Les secours

Très vite après le drame les secours s’organisent et le monde accoure. Le spectacle est effrayant. Les wagons brûlent, des gens crient et les premiers secours comme en relate la presse sont extêmement difficiles à organiser en
raison de la violence de l’incendie.
Un journaliste témoigne

De l’envoyé spécial du « Matin » par téléphone :
« C’est un claire de lune d’une douceur triste, Courville dort, enveloppé dans le linceul de ses murailles blanches, tandis qu’à quelques kilomètres de la gare, à la lueur mouvementée des lanternes, des torches et des lampes à acétylène,
grouillent cinq cents à six cents personnes occupées à chercher des cadavres au milieu des débris informes des deux trains
tamponnés. Le spectacle est lamentable. On a retiré six morts ; mais d’autres morts sont encore sous les wagons éventrés
dont les cages de fer se dressent dans la nuit. Dans les hôtels de la ville, chez les particuliers, on a accueuilli les blessés…


Les secours s’organisent

Les six corps sont transportés à l’hôpital sur le camion de M Houvespre, pharmacien à Courville. Très rapidement dix
blessés sont pris en charge par les trois médecins de Courville MM. Bacon, Granval et Durand. La capacité
d’accueil de l’hôpital étant limitée, les victimes sont réparties dans les hôtels et les maisons particulières.
Les pompiers de Courville combattent activement le brasier qui ne semble plus s’étendre. A la lueur des
lampes à acétylène et aidé par un clair de lune, des sauveteurs déblaient la voie, déplaçant les débris de
toutes sortes qui l’encombrent et fouillent les châssis éventrés des wagons.
Une équipe de terrassiers s’active à creuser une tranchée dans le talus afin de remettre debout la
locomotive du rapide.
Des centaines de personnes accourent de toutes parts attirées par la curiosité. Deux trains de secours
en provenance de Chartres sont dépêchés. Un autre venant de Paris, arrive avec du matériel de levage
et des ouvriers de la compagnie de chemin de fer. Monsieur Puech, Ministre des Transports, a également
pris place à bord. Celui-ci arrive vers minuit, accueilli par Monsieur Le Préfet. Il se rend aussitôt sur les
lieux.
Un nouveau wagon de secours arrive en provenance du Mans ainsi qu’un détachement du 102e régiment
d’infanterie de Chartres afin d’assurer la sécurité des lieux. Sous les décombres, 2 nouveaux corps calcinés
sont retrouvés. L’eau et les outils manquent très vite. On détele les wagons de queue, les portes des autres voitures sont
soulevées tant bien que mal avec tout ce que l’on peut trouver, pics, pieux pour retirer la quinzaine de
prisonniers des wagons couchés sur le flanc.
Pour éclairer on brûle sur le bord de ce qui reste des voies les débris des wagon.
Plusieurs morts ont été transportés à Chartres par le chemin de fer. D’autres ont été dépéchés à l’hôpital
de Courville et à la salle Pannard.


Personnalités présentes

Monsieur Louis PUECH

Ministre des Travaux Publics


Monsieur Louis PUECH est né à AVERNAC (Aveyron) le 1er mai 1852.
Ancien député de la 3ème République, il était le frère de Denys PUECH, sculpteur, qui a été Directeur de la Villa
Médicis de 1921 à 1923.
Louis PUECH a occupé le poste de Ministre des Travaux Publics dans le 2ème Gouvernement Aristide Briand du 3
novembre 1910 au 24 février 1911.
C’est à ce titre, ayant en charge les transports, qu’il se rend immédiatement sur les lieux de la catastrophe, dans la nuit
du 14 février 1911.
Il y est accueilli, vers minuit, par Monsieur le Préfet du Département d’Eure et Loir.


Monsieur Raymond LE BOURDON
Préfet d’Eure et Loir


Le Préfet en fonction à Chartres est Monsieur Raymond
Joseph Marie LE BOURDON. Nommé à cette fonction
le 3 octobre 1910, il restera en poste jusqu’au 20 octobre
1911 et aura donc en charge l’organisation des secours.


Monsieur Auguste Chaboche
Maire de Courville-sur-Eure a été le fondateur de
l’Amicale Courvilloise en 1912, association toujours
existante aujourd’hui