Le lendemain

Au petit jour, le travail de fouille se termine au milieudes fumerolles qui se dégagent de l’amoncellement de décombres. La nuit a été glaciale, toute la campagne est couverte de gelée blanche.
Une vision cauchemardesque et surréaliste apparaît alors aux yeux des nombreux badauds venus découvrir cette scène de désolation.
Les rails sont arrachés et tordus sur une longueur de 20 mètres. Des banquettes sont projetées jusque dans le jardin du garde-barrière. Les 4 wagons de tête sont tellement enchevêtrés les uns dans les autres que l’on distingue à peine
ce qu’il en reste.
Le travail de déblaiement se poursuit toute la journée.
La priorité étant de rétablir la circulation des trains. Celle-ci continue avec transbordement des voyageurs et des marchandises de part et d’autre du lieu du drame.


Le feu brûle encore
Bien que l’incendie paraisse éteint, le feu couve lentement sous les débris et se rallume à chaque instant. Sous les ordres de M. Crimail, inspecteur principal, les ouvriers et mécaniciens travaillent sans relâche.
Une grue de cinquante tonnes (seulement deux existent en France à l’époque) a été mise à disposition par la Compagnie d’Orléans pour relever la locomotive.


Une nouvelle voie construite
Durant l’après-midi, le sol est nivelé et une nouvelle voie est construite et sera prolongée au fur et à mesure que le déblaiement avancera.
La locomotive et son tender seront relevés durant la nuit.
Les travaux se poursuivront jusqu’au lendemain soir. A six heures, le trafic sera rétabli sur les deux voies.



Pour la petite histoire

La Foire aux chevaux pas a la fete
Le 17 février a lieu à Courville la Foire aux Chevaux qui d’ordinaire donne l’occasion d’une grande fête. Un arrêté fut pris par
la municipalité supprimant les bals qui devaient avoir lieu dans la commune

De l'argent jeté par les fenêtres

Monsieur Maurice Thomas, arbitre financier avait jeté par la portière de son wagon une sacoche contenant 26000 francs.
Celle-ci fut retrouvée après multiples recherches à demi carbonisée.


Des scènes scandaleuses
Deux faits étonnants nous sont rapportés dans l’édition de «L’Echo de Paris» du 17 février
Durant les opérations de déblaiements, certains ouvriers se son empressés de remplir leurs poches de viande de conserve et
d’oignons tombés des wagons lors de la catastrophe
Plus étonnant encore, cette scène rapportée par le même envoyé spécial : “ A cinq heures, en gare de Courville, tous les curieux
ont pu voir la scène suivante :
Avant de fournir son grand effort pour soulever la locomotive, la grue avait besoin de s’approvisionner d’eau ; une équipe
d’employés de l’Ouest-Etat fut aussitôt formée, qui s’échelonna en chaîne pour se passer les seaux de toile. Bientôt ce fut pour
eux un prétexte à amusement, ceux qui recevaient les seaux vides les lançaient en l’air au milieu de plaisanteries qui faisaient
rire tout le personnel. Et pourtant à ce moment à trente mètres d’eux, ont chargeait dans un fourgon en présence d’une famille
éplorée, le corps du petit Boisseau…


Les recherches continuent 2 jours après
Deux jours après le drame, la presse nous livre de nouveaux et macabres détails. On retrouve encore le 16 février sous le ballast des restes humains : « un fragment de tête de fémur, un os de coude et un fragment d’un gros muscle…» (Le Petit Journal).
Pour la victime n°12, il est constaté dans la presse que les restes de celle-ci tiennent dans une soucoupe.
On attend une «réclamation» afin de pouvoir identifier ce dernier.


38000 francs dans les décombres
Les époux Cordon avaient avec eux un sac en cuir renfermant 38000 francs de valeur


Les ustensiles fondus !
La chaleur fût telle que les ustensiles de la cuisine du wagon restaurant fondirent dans le brasier