L'enquête

Le facteur déclenchant de cette catastrophe est bien sûr la malheureuse manoeuvre effectuée pour garer le train de
marchandise 3238 venant de Chartres. Celle ci consistant à faire traverser les deux voies principales est très rarement
pratiquée du fait de sa dangerosité. Elle s’impose dans le cas présent du fait de l’occupation de la voie de garage habituelle.
On peut noter qu’à l’époque, la majorité des accidents ont eu lieux en gare.
La terrible catastrophe de Courville arrive comme la catastrophe de trop. Dans un tel contexte, il faut vite déterminer les
responsabilités et trouver les coupables.


Les responsabilités
Pourquoi le rapide ne s’est pas arrêté ? Toute la question est là !
M. Lépine de Courville assure que les signaux de la voie étaient fermés. L’enquête confirme que la signalisation mise en place
est conforme au règlement. M.Boursier, conducteur du rapide, déclare à la commission d’enquête, qu’il marchait à 90 Km/h et qu’à son poste il observait les signaux. Qu’après son passage sous le pont de Saint-Luperce le vent lui renvoyant la fumée
dans les yeux il passe à droite de la machine le temps d’observer les signaux et de revenir à son poste. Ceci arrive
fréquemment du fait du peu de hauteur de la cheminée des machines Pacific. Il est probable que les signaux
aient été franchis à cet instant. « Voyant alors une petite lueur blanche, qui n’est autre que la lanterne du train de
marchandises 3238 et l’apercevant aussitôt qui se gare, je serrais les freins mais il était trop tard et la collision
se produisit ». Le mécanicien Boursier du train tamponneur est inculpé pour homicide involontaire.
La deuxième faute est imputée au chef de gare qui a fait manoeuvrer le train de marchandises sur une voie ou
allait passer un train rapide.
Concernant le dernier train impliqué, sont conducteur témoigne : «Après l’arrêt normal en gare de Courville,
le signal de départ venait de m’être donné. Je marchais depuis une minute à peine et j’allais accélérer l’allure
lorsque je vis le rapide de Paris venir sur le train de marchandises qui nous barrait la route à tous deux. Je
n’étais pas lancé ; je pus m’arrêter à temps. M. Beaugey repart avec l’intime conviction que l’administration
du réseau est hors de cause et que le mécanicien du rapide et le chef de gare imprudent sont les seuls
responsables. Une enquête est ouverte pour homicide par imprudence.
Au delà de l’enquête, et de la seule inculpation le 21 février du malheureux mécanicien Boursier (qui sera laissé toutefois
en liberté provisoire à Laval, l’accident entraîne de vifs débats à la Chambre des Députés ainsi qu’au Sénat et
occupent plusieurs séances au conseil des ministres. Car il s’avère qu’au delà de la faute du mécanicien Boursier, de
nombreux problèmes liés au réseau sont mis en cause : le matériel roulant (trop rapide), le matériel fixe, les voies
insuffisantes, le personnel et les signaux…
Les conséquences de cet accident seront nombreuses sur le réseau de l’Ouest-Etat.