Courville en deuil

Vendredi 17 février. La ville est en deuil.

Une première cérémonie a été célébré à 10 heures avant le transfert du corps de Mme Cordon. Son mari blessé, qui est soigné à l’hôtel de la Belle Etoile, n’a pas été informé du décès de sa femme.
Une deuxième cérémonie qui regroupe entre autres, les
victimes de la ville de Sablé est prévue pour l’après midi.
A midi, arrivent par l’omnibus, M. Lebour, Préfet d’Eure et
Loir, M. Boissard Vice Président du Conseil de Préfecture,
M. Fauconnier Secrétaire Général, Gustave Lhopiteau Député Président du Conseil Général, Maurice Maunoury
Député de la circonscription, M. Fessard Sénateur ainsi
que les autorités militaires et administratives du département. M. Bresse Directeur de l’Inspection technique.


La salle Pannard, dans le fond de laquelle était dressé
un autel avait été transformée en chapelle ardente.
Huit cercueils y sont alignés, recouverts de draps noirs
et ornés d’une couronne multicolore sauf celui du jeune
Blanchoin, qui est recouvert d’un drap et d’une couronne
blanche ainsi que pour celui de Léontine Lelièvre.
Le service d’ordre est assuré par la gendarmerie, par un
détachement du 102e de ligne, et par des cuirassiers venus
de Chartres.
A midi, la levée des corps est faite par le curé-doyen
de Courville. Derrière les chars funèbres marchaient les
parents des victimes. Puis venaient le préfet d’Eure-et-Loir,
représentant le gouvernement M. Bresse, représentant
la direction du réseau de l’Etat, M. Fessard, sénateur,
MM. Lhopiteau et Maunoury, députés une délégation d’officiers, les membres du conseil municipal de Courville, etc.
Les magasins sont fermés en signe de deuil, et les réverbères allumés sont voilés de crêpes. Les habitants ont arboré des
drapeaux en berne cravatés de crêpes à leurs volets fermés. Le service funèbre est présidé par Mgr Bouquet, évêque
de Chartres en l’église Saint-Pierre, complètement tendue de draperies. La maîtrise de Saint-Jacques-du-Haut-Pas de
Paris, dirigée par M. Blondel, s’est faite entendre au cours de la cérémonie. Les soli sont chantés par MM. Durandet
Locatelli, de l’Opéra de Paris.
A la fin de la cérémonie, l’évêque de Chartres a prononcé quelques paroles et donné l’absoute.
Le cortège s’est rendu ensuite à la garde. Des discours ont été prononcés par le préfet d’Eure-et-Loir, M. Bresse, au nom
du réseau de l’Etat, Fessard, sénateur, et Maunoury, député de la circonscription. Le cortège prend fin. Les corps sont ensuite
transportés à Sablé sauf ceux des jeunes époux qui seront inhumés à Paris.