L’église Saint-Pierre classée monument historique le 13 juillet 1907, porte en elle le témoignage des siècles par l’apport successif de ce qu’ils avaient la possibilité d’offrir de plus véritablement sacré, elle apparaît dans sa silhouette harmonieuse au carrefour de deux grandes régions naturelles, la Beauce et le Perche.
Œuvre vivante plusieurs fois blessée mais restaurée avec amour, notamment en l’année 2000, elle est plus belle maintenant qu’elle ne le fut jamais. Pourtant, sa façade occidentale mérité une attention particulière.


A l'extérieur, le monument est grandiose. Son élégant pignon, exposé à l'Ouest, mesure 21 mètres de hauteur. La porte d'entrée avec ses pieds droits à moulures profondes et sa voussure en forme d'anse surbaissée est de bon style. Les contreforts en pierre de taille s'élèvent, puissants, mais allégés par les larmiers et les retraits successifs et surtout par les niches à dôme, malheureusement privées de statues. Le clocher, construit en 1620, accosté de la cage d'escalier, semble un peu massif, mais sa toiture élancée et la lanterne ajourée, perchée sur le faite, rachètent ce défaut. Il renferme deux cloches modernes. Il a été restauré en totalité en l'an 2000 et son coq a été posé par un alpiniste.

Historique

Au haut moyen-âge la seule église était située à l’Ouest du bourg, face au château dont elle dépendait plus ou moins. Vers l’an 1090 le seigneur du lieu fit entourer cette église dédiée à St Nicolas, d’un mur, l’enfermant dans l’enceinte du château, exigeant le paiement d’un droit pour les offices.

Les habitants de Courville n’acceptèrent pas. Ils construisirent une église hors les murs à l’Est de la ville. Elle est dédiée à St Pierre, mais au regard du diocèse elle dépendra de St Nicolas jusqu’à la Révolution. Il n’y a alors qu’un curé et deux vicaires.

Au XVe siècle cette vieille église était en ruines. Sur son emplacement, celle que nous voyons fût édifiée, ainsi que l’atteste une pierre découverte en 1949 par Georges FESSARD (ancien maire) sur laquelle on peut lire : «l’an mil cinq cent et dix... (première pierre) réédification Béati Pet...». Il existe également un contrat passé avec les Maître verrier “Le Tonnelier” en 1528 pour la fourniture d’un vitrail. Ce qui confirme bien la date de reconstruction de l’église, elle que nous la voyons.
Pendant la Révolution, les cloches d’origine furent descendues et fondues.
A la guerre de 1870 les Prussiens y enfermèrent des prisonniers français, l’un deux y fût tué.
En 1910 les biens de l’église sont attribués par décret en partie à l’hospice, partie au bureau de bienfaisance,  mais aucune modification à l’édifice.
Le 14 juin 1940 un bombardement allemand endommage gravement la toiture et les vitraux, détruisant complètement le plus beau, la verrière de la chapelle de la Vierge (XVIe) composée trois tableaux représentant une curieuse légende du moyen-âge relative au pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.
Le 24 juin 1944, nouvelle atteinte par bombardement. Les dégâts sont considérables : toitures, les meneaux des verriers, l’autel de la Vierge... Pendant plusieurs années, l’église dut être fermée en attendant réparation et restauration.
L’église fût classée “monument historique” en 1907. Le retable l’était depuis 1906. La statue de la Trinité le fut en 1912.L’intérieur
La nef mesure 46 mètres de long, 11 mètres de large et s’élève à peu près de 18 mètres au dessus du pavé, les deux chapelles latérales sont à peu près carrées et mesurent 7 mètres cinquante de côté. Elles sont voûtées en pierre avec arêtes et liernes ornés de pendentifs finement sculptés. Celle de gauche est consacrée à la Sainte-Vierge. Celle de droite, ménagée dans la base du clocher est dédiée à Saint-Joseph. La nef au contraire, est lambrissée, les têtes de monstres, de figurines, de feuillages variés et de différentes sculptures.
Toutefois, cette voûte a été faite à deux reprises : celle du dessus du chœur est plus simple et moins décorée, on y remarque cependant une rangée de têtes en pendentifs qui coupe heureusement la ligne droite des arceaux.

LA VOÛTE
L’œil est d’abord attiré vers le haut ce qui correspond bien à l’idée religieuse du lieu. L’immense voûte de forme ogivale entièrement lambrissée évoque une coque de navire renversée. Les poutres, les aiguilles, les sablières sont toutes sculptées.
Il faut détailler par exemple :
- la 2e poutre ornée de pampres de vignes et oiseaux. Au poinçon, deux dragons ailés tiennent un médaillon avec tête de femme.
- la 3e a les mêmes motifs d’acanthe que la première mais au poinçon, deux anges présentent le médaillon d’un homme barbu.`
Ces thèmes se retrouvent sur les 4e et 5e.
- A la 6e (entrée du chœur) c’est St-Pierre et St-Paul qui sont figurés sur le poinçon.
- A la 7e, deux anges y présentent la croix.
- La 8e est la poutre au dessus du retable.
De l’enrayure, quatre traverses rayonnent vers les sablières, toujours finement sculptées de dragons et de feuillages. Au centre du poinçon de face, deux anges présentent un blason qui est effacé.
En dessous, deux lettres : W ou  M et X.
La voûte, nous l’avons vu, est lambrissée. Jusqu’à la 5e travée, les sablières sont toutes sculptées de motifs d’acanthe ou de vigne alternant des médaillons à visage humain et des dragons.
Noter la 3e à gauche, qui elle, est à motifs macabres : tête de mort au médaillon flanqué d’os en X et de dragons.
C’est en observant cette voûte que l’on voit bien les deux périodes de sa construction.
- Dans le chœur, pas de belles sablières, mais une rangée de pendentifs décore harmonieusement la ligne droite des arceaux. On y voit des têtes grimaçantes, des acanthes, une pyramide à degrés...
Cette “forêt” visible cache celle considérable de la charpente  (qui ne peut être visitée) charpente à chevrons portant des fermes à double faîtage.
Par exemple, chaque ferme (deux pièces de bois posées en triangle pour soutenir la toiture) est constituée de deux pièces dont la longueur d’œuvre est de 11,40  m et une section de 16 x 21. Elles sont disposées environ tous les 45 centimètres, c’est-à-dire qu’il a bien fallu une “forêt de chênes” pour cette église.

LES FENÊTRES
Les fenêtres sont toutes ogivales, celles du chœur, de style flamboyant. Restaurées après les bombardements, elles sont garnies de vitraux simples.
Dans la chapelle de la Vierge, noter la verrière du “vœux de Courville” réalisée par Gabriel LOIRE, représentant Marie protégeant la ville. Ce vœu fut celui de l’abbé BALLAND alors curé de Courville, afin que la ville soit épargnée par la guerre. Après sa mort en 1946 les paroissiens firent poser ce vitrail en ex-voto. La restitution des vitraux s’est déroulée en 1998. Créés par Gabriel Loire, ils ont été inaugurés par Mgr Aubertin, évêque de Chartres et Daniel Pothier, maire de Courville. La grande baie, au dessus de la porte fut bouchée en 1807. Sa disposition et sa taille la rendaient très vulnérable aux intempéries.


LE MOBILIER
Grâce aux acquisitions qu’ont su faire les marguilliers, lorsqu’après la révolution des églises de Chartres furent supprimées, nous avons un ensemble harmonieux et de belle facture :
- les bancs fermes pour l’assistance, le banc d’œuvre, la chaire, les boiseries et les stalles du chœur.
- Un arc triomphal surmonté d’un beau crucifix portait 2 statues de la Vierge et St-Jean ; déposées par mesure de sécurité, elles sont disposées sur les boiseries où figurent également les statues de St-Roch et de St-Sébastien.
- 3 statues viennent de l’ancienne église St-Nicolas (qui, très vétuste, fut démolie en 1797) : St-Nicolas, Ste-Marie-Madeleine et surtout la Trinité de très belle facture qui est fixée sur le banc d’œuvre.
L’œuvre maîtresse est le Retable, classé en 1907, qui lui, provient de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée de Chartres. Il est daté de 1560. Certes un peu grand, mais tellement beau, il occupe toute la largeur et la hauteur du chœur. Cette énorme construction en chêne ne pèse pas au regard par l’élévation des 6 colonnes torses où se détachent, finement sculptés des pampres de vigne et des oiseaux. Elles encadrent les 3 parties : de chaque côté, dans des niches 2 belles statues : St-Pierre et St-Paul, saint patrons de la paroisse.
Au centre, l’autel en bois doré. Le tabernacle est surmonté de Dieu en Gloire, avec de chaque côté deus statuettes, le tout sur une fine galerie décorée de trois médaillons (une statuette a été volée).
Au dessus de l’autel un grand tableau “le crucifiement de Saint-Pierre” peint par LAMY en 1689. Un baldaquin de guirlandes, draperies, tenues par des angelots, couronne ce retable avec au sommet Dieu le père bénissant.

DALLE TUMULAIRE
L’église Saint-Pierre possède une pierre tombale provenant de l’ancien cimetière. Elle a été fixée à gauche à l’entrée de la Nef en 1929 par M. GASTAMBIDE alors maire, afin de la protéger des intempéries. Elle fut classée monument historique en 1908. La première partie en vers latins est en caractères romains, la seconde partie comportant la traduction libre en vers français est en caractères gothiques (req inpace... 1536).

PIERRE DE RÉÉDIFICATION
Les bombardements du 14 juin 1940 et du 2 juin 1944 qui endommagèrent gravement l’église, firent tomber un revêtement de plâtre et mirent à jour le fronton moulure d’une niche dissimulée par une boiserie surplombant les stalles du chœur. En mai 1949, Monsieur FESSARD, maire de l’époque, constatait à l’intérieur de cette niche la présence d’une dalle, il parvint à desceller cette plaque et eut alors la surprise de découvrir qu’elle portait un long libellé. Cette inscription gravée peu profondément sur une pierre tendre est en assez mauvais état ce qui rend la lecture très difficile : «RÉÉDIFICATION BEATI PETRI...» le début de l’inscription française est : «L’AN MIL CINQ CENS ET DIX» la fin «PREMIÈRE PIERRE». Bien que quelques mots seulement aient pu jusqu’ici être déchiffrés le sens du texte n’est pas douteux ; il atteste que la reconstruction de l’église St-Pierre fut entreprise en 1510.

LES CLOCHES
Leur histoire pourrait commencer le 11 octobre 1793 au moment où la terreur sous Danton est à l’ordre du jour. Le comité révolutionnaire dit qu’en vertu de la loi, il est urgent de faire le sacrifice des cloches de cette commune. Le 7 novembre 1793, les cloches de St-Pierre et St-Nicolas sont en morceaux, elles pèsent 2952 livres et sont envoyées au district de Châteauneuf pour la fabrication des canons, les cordes servant à la sonnerie doivent être envoyées au port de Brest.
Le clocher de St-Pierre, restauré en l’an 2000, renferme deux cloches actionnées par une chaîne sur grande roue et petit pignon avec moteur électrique pour l’angélus et carillon, actionné également sur le côté par un marteau électrique pour les coups par coups. La plus ancienne mesure 0,92m de hauteur sur 1,08m de largeur. Côté ouest gravé en relief un évêque avec un enfant au bras gauche, un glaive au bras droit, côté est un Christ en croix. Inscription : «dans le mois d’août AN de GRÂCE 1832 j’ai eu pour parrain M. X j’ai été bénie par Langlois curé de cette paroisse. Pour marraine Mme De Suzanne. Julie Lanctin-Leprince, M. Laugis marguillier et M. Gommier son collègue m’ont nommée “Paul”. J’ai été fondue sous Louis-Guillaume. Je pèse environ 1400 kg.» La seconde cloche mesure 1,10m de hauteur et 1,24m de largeur. Côté est est gravé un Christ en croix, côté ouest, une vierge à l’enfant. Inscription : «en cette paroisse sous la direction de A. TEXIER maire de Courville et M. Regnault coadjuteur de Mgr l’évêque de Chartres l’an 1852 et nommée Pierre-Marie-Etienne par mes parrain et marraine Etienne et Marie d’Aligre. J’ai été fondue sous la régie M. Clément marguillier et Barrier son collègue.» Au bas «Bollée Fondeur au Mans».

LE CHEMIN DE CROIX
Le chemin de croix, œuvre moderne d’un courvillois : Monsieur LEMOINE, né à Rouen où il fut élève des Beaux-Arts avant de faire carrière d’artiste chansonnier sous le nom de MUSSY au Caveau de la République où il en était le directeur pendant 20 ans.
Les douze tableaux de la Passion du Christ sont composés par l’assemblage de motifs découpés dans des métaux différents : acier, inox, laiton, aluminium...
Chaque station, merveille de détails et de précision est soulignée par un motif symbolique du langage des fleurs.
C’est à la mort de l’artiste en 1981 que Madame MUSSY légua à la commune cette œuvre inestimable, fruit de 2000 heures de travail. Cette œuvre a reçu la bénédiction de Monseigneur Kuehn.


Station n° 1 - Jésus est condamné à mort. Giroflée - Constance
Station n° 2 - Jésus est chargé de sa croix. Gentiane - La douleur
Station n° 3 - Jésus tombe sous le poids de la croix. Chardon - Le déplaisir
Station n° 4 - Jésus rencontre sa mère. Aster - Amour constant
Station n° 5 - Simon aide Jésus à porter sa croix. Volubilis - Amour dévoué
Station n° 6 - Sœur Véronique essuie la face de Jésus. Dahlia - gratitude
Station n° 7 - Jésus tombe pour la deuxième fois. Perce-neige - Épreuve
Station n° 8 - Jésus console les filles de Jérusalem. Pivoine - Sincérité
Station n° 9 - Jésus tombe pour la troisième fois. Pétunia - Obstacle
Station n° 10 - Jésus est dépouillé de ses vêtements. Anémone - Fermeté
Station n° 11 - Jésus est attaché sur la croix. Nénuphar - Sacrifice
Station n° 12 - Jésus meurt sur la croix. La rose - Amour
Station n° 13 - Jésus est déposé sur la croix. Le lys - Majesté
Station n° 14 - Jésus est mis dans le sépulcre.  Jonquille - Mélancolie